Lot n° 46
Estimation :
4000 - 6000
EUR
JEAN DE SAINT-IGNY - Lot 46
JEAN DE SAINT-IGNY
Rouen, entre 1595 et 1600 – Rouen, 1647
Prise d'une ville durant la guerre de Trente ans
Plume à l'encre noire, lavis à l'encre brune et grise, aquarelle de bleu et de vert.
Doublé en plein sur un papier filigrané aux armes de France découpé irrégulièrement avec son onglet au verso pour le montage dans l'album.
Tiré d'un album in-folio, démembré ces dernières années, relié aux armes royales contenant quelques dessins et estampes destinées à l'éducation militaire du jeune Louis XIV.
Dimensions :
38,5 x 49,2 cm
Avec cadre :
57 x 68 cm
Cet important dessin décrit avec précision le mouvement des troupes qui participèrent à la prise d'une ville durant la guerre de Trente ans et dont la participation des régiments désignés permettent de situer cette action juste après 1632.
Jean de Saint-Igny était un dessinateur et peintre établi à Rouen puis à Paris dès 1620. En tant que peintre, il réalise entre 1629 et 1632 des décors pour la chapelle de Notre-Dame des Petits-Augustins puis pour l'Abbaye de Saint-Germain-des-Prés, Saint-Gervais-saint Protais etc.
Parallèlement, il dessine et grave divers recueils dès 1629 sur la mode de l'époque comme le Théâtre de France contenant la diversitez des habits selon les qualitez et conditions des personnes ou bien encore en 1629, le Jardin de la Noblesse françoise et surtout les Elémens de pourtraiture ou la méthode de représenter & pourtraire toutes les parties du corps humain, véritable traité illustrant des demi-figures et des anatomies dans des paysages qui ressemblent en tout point à ce dessin. On notera les similitudes des buissons, attitudes des personnages au premier plan etc. Il n'est pas impossible qu'il se soit inspiré, pour la représentation des reliefs, des planches dessinées par Jean de Beins, ingénieur militaire d'Henri IV et illustrant les campagnes du maréchal de Lesdiguières dans le Dauphiné.
Il incarne l'ultime floraison maniériste à l'égal de Georges Lallemant ou de Pierre Brebiette et la diversité de son activité est des plus surprenantes. Il apparaît comme un peintre ambitieux, sensible aux protections des plus prestigieuses de son époque, il s'est assuré à Paris , jusqu'au retour de Vouet, une indiscutable réussite.
Bibliographie:
E. Brugerolles, J. de Couëssin, Le dessin en France au XVIIe siècle dans les collections de L'ENSBA, Paris 2001-2002.
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