Florin à l'effigie de Philippe le Bel, le roi qui aimait l’or
Publié le 28 février 2024, par Caroline LegrandPhilippe IV fut le premier à se représenter en majesté sur ses monnaies en or. Il se servit de ces dernières, comme les florins, pour asseoir le pouvoir royal, au détriment de son peuple.
Règne de Philippe IV le Bel (1285-1314), florin d’or dit «à la reine», 1305, poids 4,24 g.
Estimation : 12 000/15 000 €
Les florins d’or dit «à la reine» sont très recherchés des numismates. Très séduisant par son aspect et son état de conservation, celui-ci, frappé en 1305, présente sur l’avers le roi assis de face, tenant un sceptre et un lis, et sur le revers une croix quadrilobée, feuillue et fleuronnée cantonnée de quatre lis, accompagnée de la légende «XPC VINCIT XPC REGNAT XPC IMPERAT» pour Christus vincit, Christus regnat, Christus imperat, (soit «Christ vainc, Christ règne, Christ ordonne»). Une acclamation prononcée lors des cérémonies de Pâques apparue dans le monnayage royal français depuis Saint Louis. Onzième roi de la dynastie des Capétiens, deuxième fils de Philippe III le Hardi et d’Isabelle d’Aragon, Philippe IV le Bel, ou le roi de Fer, fut aussi appelé le «faux monnayeur» ! Par ses nombreuses émissions de pièces en or à son effigie, il voulait asseoir son pouvoir. Mais, souhaitant faire baisser la dette royale, il diminua le poids de ses monnaies et en augmenta le tirage. Une dévaluation qui provoqua l’inflation et la colère du peuple. Le florin d’or, également appelé «florin des chétifs», a été frappé de 1305 à 1310. Ironie du sort, l’arrêt brusque de son édition est dû aux versions falsifiées émises par les seigneurs. Il est donc très rare et recherché. Le 18 novembre 2020 à l’Hôtel Drouot, un exemplaire avait été emporté pour le prix record de 29 760 € (Beaussant Lefèvre & Associés OVV).