L’univers d’Emilio Terry et de Jean Hugo

Publié le 13 décembre 2023, par Caroline Legrand
Vente le 21 décembre 2023 - 11:00 (CET) - 2, rue Antoine Roffay des Pallus - 86100 Châtellerault
Lors de cette vente consacrée à Emilio Terry sera proposé un bel ensemble de dessins et de meubles de sa confection, ainsi que des toiles qu’il commanda à Jean Hugo.
 
C’est dans le grenier d’une grange de la Vienne qu’a été découvert un rare ensemble de dessins et de meubles signés Emilio Terry. Il est resté jusqu’à ce jour dans la succession d’une personne de l’entourage proche de l’architecte et décorateur franco-cubain. On découvrira à travers ces carnets de dessin et ces dessins d’architectures rêvées, de meubles ou de mondes imaginaires (estimés entre 1 000 et 5 000 € le lot) le style très personnel du designer, inspiré de l’art classique d’un Palladio ou d’un Ledoux, mais aussi des arts du XVIIIe siècle. Celui qui fut l’inventeur du « style Louis XVII » s’adonnait aussi bien au dessin qu’au mobilier, aux tapis, tapisseries ou à l’aménagement de jardin…

Emilio Terry a fréquenté de nombreux artistes de son temps, notamment le décorateur de théâtre russo-américain Eugène Berman et l’illustrateur et peintre français Christian Bérard, dont des toiles et des dessins seront aussi proposés. Il travailla également en collaboration avec Jean Hugo, l’arrière-petit-fils de l’écrivain, notamment pour la décoration de la maison basque Calaoutça de la princesse Bibesco. C’est en 1929 que l’architecte commande au peintre les deux compositions surréalistes Métamorphose (10 000/15 000 €), afin de servir de carton à la tapisserie des deux coussins d’une banquette dont il avait conçu la structure. Cette assise, ainsi que deux chaises qui l’accompagnaient, est désormais conservée dans les collections du musée Maurice Denis à Saint-Germain-en-Laye. Une autre toile de Jean Hugo, ayant également servi de carton à cette tapisserie, a été acquise pour 23 750 € le 25 novembre dernier, dans ce même hôtel des ventes, par le musée Fabre de Montpellier (voir Gazette n° 44, page 200). Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, le complément de ce mobilier de salon était lui aussi oublié dans ce grenier. Une banquette et une suite de quatre chaise, dits « aux roseaux », sont attendus à 15 000/20 000 €. Autant de créations qui pourraient sans mal trouver place dans la future exposition organisée par le musée Fabre sur Emilio Terry, en 2024.