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Michel Belcour a fait ses premières armes à Livardun, en Meurthe-et-Moselle, où il s’est installé pendant dix ans pour y apprendre les secrets du métier. Puis, il s’élance dans un véritable tour de France gastronomique, multipliant les expériences et les découvertes. À Saint-Émilion, c’est au restaurant Plaisance qu’il croise la route de Bourvil, avec qui il partage des parties de pétanque mémorables. « J’étais jeune, il nous faisait mourir de rire », confie-t-il avec nostalgie.
Arrivé à Paris, c’est un tout autre registre : il a l’honneur de préparer un repas pour le général de Gaulle. Plus tard, à Cabourg, en tant que chef du prestigieux Grand Hôtel, il régale Bruno Coquatrix, alors maire de la ville entre 1971 et 1979. « Il recevait des amis, des vedettes autour d’une grande table, et me confiait les recettes qu’il souhaitait voir prendre vie dans ses assiettes », se souvient Michel.
Mais c’est à Nîmes que le chef célèbre un demi-siècle de passion culinaire. Une passion intacte. « Je n’ai plus rien à prouver. J’ai eu des étoiles toute ma vie. Ce que je veux maintenant, c’est que les gens se sentent bien chez nous, qu’ils trouvent ici quelque chose d’unique. »
Le lieu en dit long sur l’homme. Michel et son épouse Annick ont transformé leur maison en galerie vivante : des photos retraçant leur parcours et leurs rencontres se mêlent aux œuvres de grands peintres. Et, clin d’œil à une autre de ses passions, un costume de torero trône fièrement. Michel raconte, sourire en coin, que ce souvenir lui a été offert en échange d’une chaise rouge, celle-là même avec laquelle il a une fois toréé.